L'homme-chat

Un plaidoyer pour la différence, écrit en mai 2010. Lorsqu'un être a soif de pouvoir, quelle raison trouve-t-il pour persécuter ceux qui le dérange ? La peur, la haine de ceux qui sont différents . . . Mais ce n'est qu'un prétexte, n'est-ce pas ? Car derrière les apparences, nous ne sommes en fin de compte pas si différents les uns des autres.

Parce qu'une amie trouvait la fin de cette nouvelle trop sombre, j'ai écris une suite : " Taha ".

 

 

Baku avait 13 ans lorsque sa mère lui apprit la vérité. Tout l’univers de l’adolescent s’est écroulé ce jour-là.

Il rentrait du bois pour l’hiver. Nous étions déjà en octobre après tout. Quand soudain Daneli, sa mère, l’a rappelé pour qu’il rentre avec une voix marquée par l’urgence. Il avait comprit le message et enfilé sa grande cape à capuchon, celle qui le cache complètement. Seule Daneli peut le voir. Pourquoi ? Il était différent certes ( il avait une queue et de la fourrure, contrairement à Daneli, mais quelle importance ? ), mais ne comprenait pas pourquoi il devait se cacher. Alors ce jour-là il a écouté, dissimulé dans le grenier où sa fourrure sombre lui permettait de passer inaperçu dans l’ombre.

- Donne-nous l’enfant-chat ! criait l’un des hommes.

- Quel enfant-chat ? Le seul enfant ici, c’est mon fils ! Celui que votre feu non maîtrisé a défiguré il y a des années ! répondit Daneli.

- Un bien étrange fils . . .

- Il est né dans la forêt, normal qu’il la connaisse bien !

- Et cette cape ?

- Ses cicatrices sont horribles à voir, vous le savez bien !

Sceptiques, les hommes restèrent un moment à questionner la femme qui leur tenait tête avec aplomb. Ils revenaient de plus en plus en plus souvent. Après leur départ, Daneli fit signe à l’adolescent de descendre.

- Baku, j’ai à te parler.

C’est avec une patience de félin qu’il écouta. La nouvelle ne le surprit pas tant que cela en fait.

 

Le vrai nom de Baku était en fait Bakuneriwe ons’Venta. Il n’était pas humain, c’était un homme-chat. Les hommes-chats, tout comme les hommes-loups, appartiennent à une race aussi ancienne, si ce n’est plus, que les humains. Depuis que les prêtres de Solna ont déclaré que ces êtres en partie félins n’étaient pas des créatures du Grand Ordonnateur, on les traquait à travers tout l’empire. Certains même étaient brûlés sur la grande place de Nutolea, la capitale de l’empire de Solna. C’est pour le protéger que Daneli, humaine éprouvée par la mort de son tout jeune fils dans un incendie, a caché et élevé le jeune Baku. Elle l’avait trouvé douze ans plus tôt, dans les bras de sa mère mourante. Avant, elle méprisait elle aussi les non-humains. Mais la vue de cette femme-chatte ensanglantée, serrant son bébé contre elle, l’a profondément émue. Elle venait de perdre son fils. Ce tout petit enfant-chat orphelin était l’un de s derniers survivants de sa tribu, la tribu du vent.  Elle n’allait tout de même pas le laisser mourir ! Et douze ans ont passé . . .

 

- Baku, tu ne dis plus rien ?

- Alors c’est vrai, je suis un homme-chat ?

- Regarde toi : de la fourrure, une queue, des pattes en guise de pieds, des griffes, des dents pointues, et ces yeux, cette agilité . . . tu ressemble davantage à un félin qu’à un humain !

- Mais . . . je ne suis pas ton fils !

La panique se lisait dans ses grands yeux dorés.

- Pas de sang. Mais le plus important c’est le cœur. Tu resteras toujours mon fils, même si je suis une humaine et toi un homme-chat.

- Maman . . .

Daneli serra fort Baku dans ses bras. Il avait besoin de réconfort.

 

Aujourd’hui Baku a dix-neuf ans. Depuis longtemps déjà il est sur les routes. Il cherche les siens. Mais les hommes-chats sont secrets, et ils doivent se méfier des humains. Baku le sait bien. C’est un miracle que Daneli ai réussi à le protéger dix-huit ans durant. Sa mère adoptive est une femme courageuse. Surtout, elle a comprit que les hommes-chats n’étaient pas des ennemis.

Ce n’est pas le cas des trois hommes que Baku aperçoit à cet instant. Alerté par des cris, il s’est réfugié dans un arbre, d’où il peut en outre mieux observer. Les trois hommes à la mine patibulaire, des brigands sans doute, encerclaient une jeune fille. Ils étaient lourdement armés, elle n’avait que son arc, d’ailleurs tombé à terre. Elle n’avait aucune chance. Les trois hommes ne lui feraient pas de cadeau. De son arbre, Baku pouvait sentir leur puanteur fétide, âcre relent de sueur et de cruauté. Une main sur son poignard, l’homme-chat bondit au milieu d’eux. Ils sursautèrent d’abord, puis s’élevèrent des rires hystériques. Quoi, ce voyageur enveloppé dans sa cape bleu nuit, le visage dissimulé par un capuchon, pensait les repousser ? Même si il savait se battre, sa cape entraverait ses mouvements, et de toute façon ils étaient trois, lui seul ! Ils passèrent à l’attaque. D’un geste rapide et d’une étonnante fluidité, Baku les esquiva, dégaina son poignard et trancha la gorge du brigand le plus proche. Les deux autres ne se laissèrent pas décourager. Ils subirent le même sort que leur compagnon. Trois attaquants morts en l’espace de quelques minutes, et cela Baku le fit sans dévoiler la moindre parcelle de fourrure de sous sa cape. Derrière lui, la jeune fille restait sous le choc. Elle ne bougeait plus, n’osant pas même ramasser son arc. Elle avait vu l’élite des soldats impériaux s’entraîner sur la grande place de Nutolea, or aucun n’était aussi rapide et agile.

Son mystérieux sauveur se retourna vers elle. On ne pouvait pas le voir, entièrement caché sous sa cape bleu nuit.

- La forêt n’est pas sûre. Où vas-tu ?

Il ne devait pas venir de la ville, pour tutoyer ainsi une inconnue. Abasourdie, elle ne chercha pas à mentir. Et puis, il l’avait sauvée.

- Vers l’Est, répondit-elle, vers les montagnes et la grande forêt.

- Pourquoi ?

- Je cherche les hommes-chats.

- Pourquoi ?

Après un instant d’hésitation, elle donna une réponse à la question de son étrange interlocuteur.

- Je veux prouver que ce ne sont pas des ennemis, que ce sont comme nous des créatures du Grand Ordonnateur, qu’il n’y a aucun raison de les traquer et de les massacrer.

- Nous sommes donc d’accord.

Elle resta stupéfaite à cette réponse. Rares étaient les personnes qui ne haïssaient pas les hommes-chats et les hommes-loups.

- Si tu le désire, nous pouvons faire route ensembles. Moi aussi je les cherche.

A ces mots, il releva son capuchon, dévoilant ainsi son visage. Encore sous le coup de ses précédents émotions, ce nouveau choc la fit s’évanouir.

 

- Je ne suis pas si effrayant, tout de même !

La jeune fille se réveillait. Elle n’en revenait pas. Un homme-chat ! Son sauveur était un homme-chat !

- Qui es-tu ? demanda-t-elle d’une voix hésitante.

- Bakuneriwe ons’Venta, homme-chat de la tribu du vent. Mais tu peux m’appeler Baku, c’est moins compliqué. Et toi ?

- Mon nom est Zana.

Elle s’assit et s’aperçu que Baku avait allumé un feu et préparé un repas. Il faisait déjà nuit. Il lui tendit un bol plein d’une mixture à l’odeur alléchante. Il y avait une lueur d’interrogation dans les yeux de l’homme-chat.

- Avant de t’évanouir, tu n’as pas répondu à ma question.

- D’où viens-tu pour parler si bien la langue des humains ?

- Et toi, d’où viens-tu pour avoir l’air de si bien connaître les hommes-chats ?

- J’en ai connu un, il y a des années. Il s’appelait Veke.

- Moi, j’ai été élevé par une humaine. Elle me manque beaucoup depuis que je suis parti. Mais ma place est auprès des miens.

- C’est d’accord, nous irons ensembles.

Après leur repas, Baku et Zana s’installèrent pour dormir, chacun de leur côté du feu. Lorsqu’il s’éteignit, le froid réveilla Zana. La jeune humaine contemplait Baku à la lueur de la Lune. Il était fin, élancé, ses muscles saillant sous la peau. Ses oreilles et ses membres, ainsi que sa longue queue, bougeaient pas moment. Il devait rêver. Avec sa fourrure brune et noire, il ne semblait pas gêné par le froid de la nuit. Malgré son étrangeté, le jeune homme-chat ne manquait pas d’une certaine beauté. Une beauté sauvage. Il restait davantage félin qu’humain.

Songeuse, Zana se rendormit.

 

Les jours suivants, puis les semaines, ils apprirent à mieux se connaître. Baku raconta à Zana son enfance avec sa mère adoptive, toujours à se cacher des humains. C’est dur d’être un homme-chat dans l’empire de Solna. Zana lui conta sa vie de fille de gardien de prison à Nutolea. Dix-sept ans d’existence, dix-sept ans sans presque jamais quitter ce milieu. Petite, un des prisonniers l’intriguait. Il était arrivé là un an avant la naissance de Zana. Tout le monde en avait peur, mais pas elle. Alors on la chargea, dès qu’elle fut assez grande, de s’en occuper. Il s’appelait Veke. C’était le chef déchu d’une tribu d’hommes-chats autrefois prospère. Il ne craignait pas la mort et n’avait que deux regrets : d’avoir perdu beaucoup des siens, dont sa compagne, et de n’avoir pas pu voir grandir son fils. Il ne l’a pas vu mort, mais lorsque sa compagne, une belle femme-chatte au pelage brun et noir, s’est enfuie avec leur bébé , elle était gravement blessée et les flammes commençaient à la cerner. C’est toujours avec tristesse que Veke parlait de son passé. Et c’est avec tristesse qu’un jour Zana le vit partir. On l’avait condamné à mort. Avant que le geôlier ne l’emmène au bourreau, il a donné son arc à la jeune fille. C’est tout ce qui restait à l’homme-chat de son ancienne vie, un cadeau précieux. Veke monta avec dignité sur le bûcher. Il ne poussa pas un seul cri avant de mourir. Seul son regard d’or exprimait toute sa souffrance.

Encore aujourd’hui, c’est avec émotion que Zana repensait à ce fier homme-chat, son poing refermé sur l’arc de Veke.

 

Un soir, Baku conta à Zana l’une des quelques légendes concernant les hommes-chats qu’il avait apprise de Daneli. Il lui raconta qu’on disait qu’autrefois les humains et les hommes-chats n’étaient pas ennemis. Les hommes-loups n’étaient pas si craintifs qu’aujourd’hui. Personne encore ne parlait du Grand Ordonnateur et il n’y avait pas de prêtres. L’empire de Solna n’était encore qu’un paisible petit royaume. L’amitié régnait entre les peuples. Certains hommes-chats avaient même des compagnes humaines et certaines femmes-chattes des compagnons humains.

C’était il y a vraiment très longtemps.

- Pourquoi me raconte-tu cela ? demanda Zana.

- Ton regard, lui répondit Baku, tu es humaine mais tu as des yeux de chatte.

 

Combien de semaines avaient passé ? Combien de mois ? Ni Baku ni Zana n’aurait été capable de le dire. Mais une chose était certaine : ils avaient quitté les territoires habités par les humains. La nuit précédent, il leur avait même semblé entendre le hurlement d’un loup. Le jour suivant, Baku trouva de grandes empreintes de félin, quasiment identiques aux siennes. Pas de doute, un homme-chat était passé par là.

Le soir, auprès de leur feu de camp, Baku et Zana étaient songeurs, n’osaient se parler. Demain ce serait le moment de vérité. Demain ils atteindraient le territoire des hommes-chats. Quelle tribu ? Ils n’en savaient rien, mais vu leur localisation, probablement la tribu du fleuve, les ons’Flava. Baku connaissait la signification de cette partie de son nom : ons’Venta, il faisait partie de la tribu du vent. Il ignorait s’il y avait d’autre survivant que lui-même.

Tout en réfléchissant à ses origines, il observait Zana. La jeune humaine paraissait nerveuse. Les hommes-chats sont très sensibles à toutes sortes de choses autour d’eux, une sorte de sixième sens. Ils tiennent probablement ces facultés de leur côté félin. Baku avait comprit, peut être même avant que Zana ne prenne sa décision. Il l’approuvait.

- Baku, je dois te parler.

Le jeune homme-chat la regarde, pointe ses oreilles dans sa direction. Il affiche une expression sérieuse mais paisible, son côté sauvage toutefois prêt à ressurgir à chaque instant.

- Je sais qui tu es, qui je suis, mais . . .

Zana s’interrompt, se fige, au contact de la main de Baku, recouverte d’une douce fourrure brune, qui effleure sa joue. Elle l’a à peine vu approcher, franchir les mètres qui les séparaient. Elle craint qu’il ne réagisse mal à ce qu’elle veut lui dire. Baku reste calme, sûr de lui.

- Ne dis plus rien, Zana, lui murmure-t-il à l’oreille, ton regard parle plus que tes mots.

Le temps d’une nuit, les différences entre deux races sont oubliées.

Les différences . . . n’est-ce pas plus futile qu’autre chose ?

Il y a tellement plus fort que la différence . . .

 

Lorsque Baku se réveille le lendemain matin, Zana est pelotonnée contre lui. Il la réveille en douceur. Ils doivent repartir.

 

Au bout de quelques heures, l’homme-chat et l’humaine arrivent en vue d’un campement. On distingue à peine les habitations de bois et de feuillage, dans la verdure de la forêt. Mais on sent bien que l’endroit est habité. C’est comme un cœur qui palpite à un rythme effréné, comparé au calme d’autres endroits de la forêt.  Un homme-chat assez âgé vient à leur rencontre. D’autres sont postés non-loin, en cas de besoin. Le vieil homme-chat a le port d’un guerrier. Il le fut, autrefois. Il dévisage Baku qui s’approche.

- Veke ! Non, ce ne peut pas être lui . . . trop jeune ! Et ce pelage . . .

Le vieux guerrier réfléchit. Il fixe Baku du regard.

- Baku, c’est bien toi ?

Etonné par ces paroles, le jeune homme chat n’en garde pas moins un calme tout félin.

- C’est mon nom, en effet.

- Bakuneriwe ons’Venta ! Tu es revenu ! Si j’avais su . . . oh ! Rien n’aurait pu mieux égayer les vieux jours de Nake !

Nake, le vieux guerrier, sert fort Baku dans ses bras.

- J’étais un ami de ton père.

- Mon père ?

- Oui, Vekeneriwe ons’Venta ! Veke, chef de la tribu du vent !

L’étonnement se lit dans les yeux de Baku comme dans ceux de Zana. C’est à ce moment que Nake paraît enfin se soucier de la présence de l’humaine.

- Qui es-tu, jeune humaine ? Que fais-tu avec cet homme-chat ?

- J’ai fais le voyage avec Baku parce que nous cherchions la même chose : votre campement.

- Et qu’est-ce qu’une humaine peut bien avoir pour s’intéresser à nous ?

- J’ai connu votre ancien chef, Veke.

C’est au tour du vieux Nake d’être étonné.

- J’étais chargée de m’occuper de lui, à la prison de Nutolea. J’avais beaucoup d’affection pour lui. Avant de mourir, il m’a donné ceci.

Elle tend son arc au vieil homme-chat qui l’examine avant de le lui rendre.

- C’est bien l’arc de Veke. Prends-en soin, c’est une arme de valeur.

- J’ignorais jusqu’à ce que vous le disiez que Baku était son fils, reprend-elle.

- Eh ! Aucun doute là dessus ! La ressemblance est flagrante.

Il reporte son attention sur Baku.

- Comment . . . comment as-tu survécu ?

- J’ai été recueillit, soigné et élevé par une humaine, Daneli. Pour me protéger, elle m’a fait passer pour son fils. Son véritable enfant est mort dans le même incendie  criminel qui a coûté la vie à beaucoup des nôtres.

- Il s’en est passé des choses, en dix-huit ans . . .

Nake leur fait signe de le suivre. Baku et Zana sont accepté dans le campement.

 

Au fil des jours, le jeune homme-chat et l’humaine se familiarisent avec la vie au campement. En fait, deux tribus vivent ici : la tribu du fleuve et la tribu du vent, ou du moins ce qui reste de la tribu du vent. Les ons’Venta étaient orphelins depuis la disparition de leur chef, leur bien aimé Veke, et de plus ils avaient été décimés. Les rescapés, dont le vieux Nake et la chatte-esprit ( d’autre l’aurait appelée chaman ). Nommée Soka, celle-ci a rapidement pris Zana sous sa protection. Entre les moments où Zana était avec la chatte-esprit et ceux où Nake et les guerriers de la tribu du vent préparaient Baku à son initiation et à son devoir de chef, ils avaient peu de temps pour se voir. Apprendre la vie et les coutumes des hommes-chats constituait une occupation à temps-plein.

 

Bientôt vint le jour où Baku fut officiellement déclaré chef de la tribu du vent. Il avait réussi la semaine précédente son initiation, prouvant ainsi à tous qu’il avait les capacités de survivre. Il était capable aussi de diriger, Nake et les autres n’en doutaient pas. Le jeune homme-chat possédait le même charisme et la même force de caractère que son père. Baku était destiné à assumer cette charge. Neriwe, le chef. Il s’appelait Bakuneriwe ons’Venta : Baku, le chef de la tribu du vent.

La tribu du vent n’était plus orpheline.

 

Plus tard dans la soirée, Nake et Soka vinrent voir le nouveau chef de la tribu. Ils parlèrent un peu, puis la chatte-esprit demanda à Nake de les laisser seuls. Le vieux guerrier obtempéra.

- Baku, tu es notre nouveau chef.

- Oui, Soka. Je le sais et je l’assume.

- Je sais que tu es encore jeune, mais un jour il te faudra un successeur. Un fils ou une fille capable de prendre ta place le moment venu. Il te faut choisir une compagne, Baku.

- Mon choix est fait.

- Ne me dit pas que . . .

- Mon choix est fait depuis longtemps, et de toute façon je ne puis en choisir une autre maintenant. Mais je ne regrette rien.

- Vous êtes déjà accouplés.

- Oui.

Soka est plongée dans ses pensées.

- Tu sais que c’est assez inhabituel . . .

- Je le sais, Soka.

- Tu n’auras sans doute jamais de chaton.

- Qu’importe. Je suis une homme-chat heureux. Le cœur l’emporte sur la raison.

- L’amour est une bien étrange maladie . . .

Une lueur de malice dans le regard, Soka s’éloigne. Elle laisse Baku seul. Il se lève, va vers l’élues de son cœur. Toute la tribu sait désormais quel est son choix.

Main dans la main, Baku et Zana s’installent près du feu.

 

***

 

Un homme-loup vient apporter un message aux hommes chats de la tribu du vent. Il vient de l’Ouest, là-bas près de la frontière entre l’empire de Solna et les régions restées sauvages où vivent les hommes-loups, leurs frères les loups, ainsi que les hommes-chats. L’armée de Solna avance, écrasant tout sur son passage.

L’homme-loup manque de trébucher sur une petite enfant-chat de deux ou trois ans, qui déboule de chez le chef de la tribu du vent. Sa mère est à l’intérieur, qui berce son deuxième-né encore bébé. Elle lève les yeux vers l’homme-loup, croise son regard.

Oui. La légende disait vrai, Oui. Humains, hommes-chats, hommes-loups, ils sont pareils. Ces enfants en sont la preuve vivante. Ils sont nés d’un homme-chat et d’une humaine. Ce sont les enfants de Baku et Zana.

Mais l’empire n’a que faire de tout cela.

L’armée est en marche.

Le temps de l’insouciance s’achève.

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