Ce grain de folie

Juste une petite réflexion de ce début d'octobre 2012.

 

Un jour, alors que j’étais en terminale, et venait de lui faire lire un de mes textes d’y=un style un peu particulier, ce que je lui faisait remarquer, ma professeur de lettres m’a dit : «  Ne t’inquiète pas, il faut être un peu fêlé pour devenir prof de lettres. » Deux ans après, je me rends compte qu’elle n’avait pas tort. Après, tous les littéraires ne sont pas non plus fous ! Enfin, ils peuvent seulement le paraître aux yeux des autres. En voyant une étudiante de deuxième année de master nous parler, une amie et moi-même nous sommes dites : « ça, c’est nous dans trois ans. ». Cela fait peur et cela fait rire en même temps, mais bien davantage sourire en fin de compte. Le discours plutôt bien construit pour de l’improvisé, les grands gestes, les mimiques . . . un littéraire qui parle, plus que n’importe qui d’autre peut être, a ce côté théâtrale du discours qui peut paraître étrange à ceux qui n’y sont pas habitués. La majorité des autres littéraires que je connais, étudiants et professeurs, ont aussi cette théâtralité dans la parole, de manière plus ou moins prononcée. Cela me semble moins présent chez les non-littéraires. Et puis . . . connaissez-vous beaucoup de personnes qui écrivent pour se passer le temps, se lancent des piques en poésie, s’amusent à parler en faisant des rimes, si possibles en vers réguliers, le mieux étant bien entendu l’alexandrin, ou délirent sur des exercices de style ? A beaucoup, cela paraît fou. Ce sont nos petites occupations de littéraires. D’autres iront lire, faire du shopping ou encore sortir avec des amis. Chacun a sa propre façon de s’amuser. Les littéraires ne sont pas plus « fêlés » que d’autres, pour reprendre le mot employé par ma professeur de terminale. Tout le monde cache un côté un peu fou. Ce grain de folie, c’est ce qui met du piment à la vie.

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